Demeter

Lancé en 2004, le satellite Demeter a observé pendant plus de 6 ans les signaux électriques et magnétiques dans l'ionosphère de la Terre. A la clé : plus de 300 publications scientifiques.

L'environnement électromagnétique de l'atmosphère terrestre est-il perturbé par l'activité sismique et volcanique au sol ? D'étranges concordances ont été enregistrées par des satellites. L'objectif de Demeter (Detection of Electro-Magnetic Emissions Transmitted from Earthquake Regions) était d'apporter plus de preuves et des d'explications. Mais même s’il existe une influence de l’activité sismique sur l’ionosphère, perçue par Demeter avant l’occurrence de certains séismes, les perturbations sont faibles et seulement mises en évidence d’une façon statistique. Rien ne peut donc être dit sur l’apparition de cette perturbation du champ électrique pour un séisme particulier, et en général, sur la possibilité de prédire des séismes.

Une originalité de Demeter a été de mesurer des phénomènes électromagnétiques transitoires Très Basses Fréquences (TBF) et ainsi de faire mieux connaître la partie basse de l'ionosphère, une région peu étudiée car trop haute pour les ballons et trop basse pour les satellites. Grâce au détecteur de particules de Demeter, les chercheurs ont également étudié la compression du champ magnétique terrestre lors de tempêtes magnétiques très intenses liées aux variations de l'activité du soleil.

D'une masse de 130 kg, Demeter a été placé le 29 juin 2004 sur une orbite circulaire à 715 km d'altitude depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) par une fusée Dnepr-LV. En décembre 2010, le satellite recevait sa dernière programmation scientifique.

Le CNES était responsable du développement du système Demeter et a assuré la maîtrise d’œuvre du centre de mission technologique et de la charge utile technologique. Demeter a été le premier satellite utilisant une plateforme de la filière Myriade du CNES et a ainsi démontré la capacité à mettre en œuvre des missions innovantes à très faible coût. La charge utile scientifique était la maîtrise d’œuvre du LPC2E, également responsable du centre de mission scientifique de Demeter. D'autres laboratoires ont collaboré à la mission : des laboratoires français (LATMOS, IPGP, IRAP, US Nançay, LDG/CEA, LESIA, OPGC) mais aussi européens et japonais. La mission a permis d'imaginer de nouvelles expériences, telles que Taranis.